L’économie ivoirienne enregistre une forte dynamique marquée par un taux de croissance élevé. En 2016, l’économie ivoirienne a connu un taux de croissance de 8,3%. Cette croissance du PIB réel devrait rester supérieure à 7% en 2017 au regard à la fois des projections nationales, du FMI et de la Banque Mondiale avec un PIB nominal qui s’établit à 21562 milliards de FCFA. La Côte d’Ivoire est ainsi deuxième et quatrième dans le classement des pays ayant les taux de croissance du PIB les plus élevés, respectivement en Afrique sub-saharienne et dans le monde(BM, 2018). Cette dynamique est portée à la fois par les secteurs primaires, secondaires et tertiaires.
Dans le secteur des services, la dynamique est portée notamment par le transport, le commerce et les télécommunications. Le secteur des télécommunications et des TIC à l’instar des autres infrastructures joue un rôle crucial dans le développement économique et social d’un pays.
En effet, les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD)en 2000 puis les Objectifs de Développement Durable (ODD)en 2015, en particulier l’objectif 9 intitulé «Bâtir une infrastructure résiliente, promouvoir une industrialisation durable qui profite à tous et encourager l’innovation» prend en compte la promotion de l’accès aux TIC comme un aspect fondamental du développement durable. Leur développement devient de ce fait, un instrument important pour les gouvernants vu que leur fourniture permet de soutenir la production et la croissance. Les TIC représentent donc pour les pays en développement de réelles opportunités de réduction du fossé numérique leur permettant une meilleure insertion dans l’économie mondiale et dans la société de l’information.
Eu égard au rôle prépondérant que jouent les TIC, des réformes ont été mises en œuvre pour favoriser leur expansion. En effet, l’ouverture du marché des télécommunications à la concurrence matérialisée par le développement des services mobiles et de données (Internet) a favorisé des innovations dans le secteur. De même l’innovation technologique a permis de passer du tout analogique à la numérisation en développant les contenus et les communications, ce qui crée un écosystème favorable au phénomène de convergence entre les télécommunications et d’autres secteurs comme l’informatique et l’audiovisuel. Ce nouvel écosystème a été porteur de croissance aux USA au début des années 2000 avec le développement de start-ups et continue d’alimenter la croissance économique dans de nombreux pays avec des business modelset des fortunes divers. Le développement de l’internet et des usages y afférents sont aussi des moteurs indéniables de la croissance sectorielle et globale. Par exemple, le taux d’accès à la téléphonie mobile en Côte d’Ivoire (126%) a surpassé le taux d’accès à l’électricité (80%). L’accès à l’internet avec le passage au haut débit a provoqué une explosion de la production et de la consommation d’informations à travers le monde. On note notamment que le nombre de courriels envoyés est passé de 207 milliards en 2015 à 236 milliards par jour en 2018, soit une hausse de 14%. 6,2 milliards de vidéos sont regardés par jour sur YouTube, 5,6 milliards de recherches journalières sont faites sous Google, 2,2 milliards d’usagers actifs utilisent Facebook, plus de 600 millions de Tweets journaliers, environ 260 millions d’appels journaliers sous Skype, un peu plus de 4 millions de Smartphones vendus par jour. Les entreprises comme Facebook, Google (Alphabet) et Yahoo enregistrent des résultats exponentiels et constituent de grosse capitalisation boursière.
Sur ce point, on note que Facebookqui a été créé en 2004, après avoir racheté plusieurs start-ups dont Instagram(2012) et WhatsApp (2014) a généré un chiffre d’affaires de 40653 millions USD (21669 milliards de FCFA) soit exactement le PIB de la Côte d’Ivoire. Elle enregistre un résultat net de 15920 millions USD en 2017 (8497 milliards de FCFA) en hausse de 56% par rapport à 2016, et un retour sur investissement de 24%(Thomson Reuters, 2018). S’agissant de Google, son chiffre d’affaires estimé à 110855 millions USD (59058 milliards de FCFA) soit près de 3 fois le PIB de la Côte d’Ivoire avec un résultat net qui s’établit en 2017 à 12662 millions de USD(soit 6745milliards de FCFA). Ces deux entreprises représentent à elle seule plus de la moitié du chiffre d’affaires du géant du pétrole américain. Cette dynamique offre un potentiel pour le développement des objets connectés et le déploiement de l’intelligence artificielle dont on voit déjà les bienfaits.
Cette économie fondée sur le déploiement du numérique connait une croissance sans précédent partout en Afrique portée notamment par la dynamique dans le commerce électronique comme le révèle le rapport de la CNUCED en 2017 sur l’économie de l’information portant sur le thème « Numérisation, commerce et développement »
En Afrique,au sud du Sahara, l’Afrique du sud est le premier pays à disposer d’un niveau de développement élevé selon l’indice de développement des TIC (IDI) en 2017. Selon cet indice établit chaque année par l’UIT, la Côte d’Ivoire se situe au 131ème rang mondial, en progression par rapport à 2016. Sur le plan africain, au sud du Sahara, la Côte d’Ivoire est le 9ème pays derrière respectivement l’Afrique du sud, le Cap vert, le Botswana, le Gabon, le Ghana et la Namibie.
Source: ARTCI
Mamadou Ben
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