INDUSTRIE AGROALIMENTAIRE : Potentiel et opportunités en Afrique de l’ouest

En Afrique de l’Ouest, développer le secteur agroalimentaire permettrait de répondre au double défi d’approvisionnement des marchés urbains et de création de revenus et d’emplois. Quelles sont les potentialités et opportunités de ce secteur ? Peut-il jouer un rôle moteur (accès au marché et hausse de la valeur ajoutée locale) ?

Les micro-entreprises jouent un rôle central dans l’approvisionnement des villes en visant des marchés de masse. Elles se caractérisent par leur petite taille (activités individuelles ou familiales, 1 à 2 personnes), par la mise en œuvre de procédés simples issus du savoir-faire culinaire souvent transmis de mère à fille. La vente se fait directement, en vrac, dans la rue et sur les marchés de produits secs et humides (prêts à consommer). Elles ont recours à l’artisanat de prestation de services pour les opérations mécaniques (ateliers de décorticage, mouture, râpe, pressage, etc.). Ces ateliers sont nombreux en milieux urbain et rural et constituent un secteur d’activité essentiellement masculin. Les produits commercialisés sont souvent d’origine locale et très diversifiés : sorgho, maïs et riz locaux (grains décortiqués, semoules, farines, couscous, bières, etc.), racines et tubercules (semoules, farines, bâtons, cossettes de manioc, etc.), poissons et viandes fumés et/ou séchés, huiles d’arachide ou de palme non raffinées, lait fermenté, beurre, fromage séché, jus de fruit traditionnels, etc. Quelques aliments sont à base de produits importés comme le pain artisanal en milieu rural et les beignets (à base de blé) ou encore le lait caillé (à base de lait en poudre).Un secteur dynamique de micro-entreprises artisanales souvent informelles. Ce secteur représente plusieurs milliers de personnes en milieu urbain, et des activités saisonnières dans les villages. Les produits artisanaux représentent des marchés beaucoup plus importants que le secteur industriel. Au Cameroun, les ventes d’huile de palme artisanale sont de l’ordre de 52 milliards de CFA, devant celles des grandes huileries du pays (environ 43 milliards). Les États et leurs partenaires considèrent souvent leur intervention sur le secteur comme difficile et peu pertinente, du fait du manque de structuration, du grand nombre d’unités, et de la faible rémunération du travail. Il constitue pourtant une source de revenus et d’auto-emplois pour de nombreuses familles. Or, la modernisation de ce secteur est essentielle pour l’adapter à de nouvelles formes de commercialisation en ville. La question de la qualité sanitaire et de son amélioration en sont des points cruciaux.

Les grandes entreprises sont peu nombreuses en Afrique de l’Ouest. Elles sont actives dans les filières « boissons » (bières, jus de fruits à base de pulpe importée, boissons gazeuses sucrées à base de préparations importées, eaux minérales), farine, biscuits, pâtes (minoteries, biscuiteries à partir de blé importé), produits laitiers (yaourt, lait UHT à partir de poudre de lait importée), sucre, concentré de tomates, huiles, condiments (mayonnaise, cubes). Elles se positionnent sur des marchés « de masse » et valorisent peu la production locale hormis pour la production de sucre et de l’huile de palme (plantations appartenant à l’industrie) et quelques industries dans le cadre du développement de l’agriculture contractuelle (concentré de tomates par exemple). On notera dans la filière lait, l’implantation ou le rachat d’usines de transformation par des grands groupes internationaux en Afrique de l’Ouest. Leur objectif principal est d’y fabriquer des produits laitiers à partir de poudre de lait réengraissée importée (et parfois d’une petite part de lait local). C’est le cas notamment au Ghana où on compte de nombreuses grandes entreprises internationales opérant aux côtés des entreprises de transformation plus traditionnelles, comme par exemple : Nestlé (produits du maïs, laits et nourritures infantiles), Unilever (huiles végétales, margarines), PZ Ltd (lait en poudre et épices), Pomasidor (ancien Wonder Foods : laits en poudre et produits laitiers), Heinze, Heineken, South African Breweries, Trusty Foods, Coca Cola, Pepsi Cola. C’est dans les filières à l’export que l’on trouve le plus de grandes industries agroalimentaires qui investissement massivement (Cadbury ou Barry Callebaut dans la filière cacao au Cameroun).

Entre les deux, le lent développement des petites et moyennes entreprises industrielles. Individuelles ou collectives, les petites entreprises industrielles se caractérisent par une main d’œuvre salariée peu nombreuse (de 5-10 à 50 personnes pour les plus grosses quand les opérations restent manuelles) et le recrutement de personnel pour la vente, la gestion et conduite de petites machines.

Des moyennes entreprises, plus rares dans le secteur formel. Du fait de leur capacité de production, elles visent généralement des marchés de masse.

Mamadou Ben, Soonninew🌍

Mamadou Ben:

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