L’africain d’aujourd’hui est-il étranger à lui-même ?

L’africain d’aujourd’hui est-il étranger à lui-même ?

Comme toujours, c’est une joie profonde et un grand bonheur pour moi d’entrer en contact avec vous. Le thème de notre causerie du jour sera autour de la question qui suis-je. La proposition qui suis-je peut avoir deux sens : le premier serait quel genre de personne est-ce que je suis ; le second sens serait les traces de qui j’emprunte.

Voilà sans doute pourquoi on dit souvent qu’une proposition est justiciable d’interprétation. Aujourd’hui mon regard est tourné vers l’homme Noir, surtout qui est l’Africain d’aujourd’hui ? Comme nous le savons, l’homme est tout d’abord la somme de deux choses : le corps et l’âme, ensuite le corps et la culture. J’entends par culture ce qui nous différencie les uns des autres. Lorsqu’on voit un homme, une femme, ce dont on s’aperçoit au prime abord, c’est la couleur de la peau ; ensuite vient la question qui est-ce, référence à sa culture ? N’a-t-on pas coutume de dire que la culture est-ce qui nous reste lorsque nous aurons tout oublié ? Pourquoi a-t-on tant de difficultés à savoir aujourd’hui qui est l’homme africain ? Est-ce à dire que cet homme existe sans exister, culturellement parlant ?

Depuis sa mort psychologique à la suite de son premier contact avec Arabes et Européens, l’homme africain semble toujours plongé dans un coma dont il ne sort pas. Il est comme un zombie. Et quand il paraît réveillé, il est comme à l’image de ses anciens vainqueurs. Il semble poser des actes non pas en fonction de son identité d’Africain, mais pour montrer à ces derniers qu’il peut faire comme eux, comme s’il n’avait pas lui eut un passé, une culture. Même réveillé, s’il l’est, il est dans un processus de mimétisme. De nos jours, combien d’Africains instruits dans le savoir-faire des ex-maitres sont capables de maîtrise dans leurs langues maternelles ?

Comment être véritablement soi-même lorsque l’on ignore tout de sa culture maternelle ? Observer simplement le comportement de certains Africains musulmans. Ils sont devenus des Arabes à la peau noire. L’introduction à toute conversation débute toujours par un salam-aleykoum, bissimilaye, etc.  Dans tous les villages, les habitants sont plutôt préoccupés par la construction de mosquées que de centres médicaux pour leur propre santé. Les manifestations cultuelles ont toutes disparu, même celles qui sont culturelles, sauf si elles sont marquées de tendances arabiques.

Auteur de l’article : M. Ngouamoué DIABATE

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