À l’instar des capitaux et des ressources humaines, les infrastructures contribuent au développement économique et social. Cela explique l’intérêt des pays de l’Afrique de l’ouest pour la fourniture d’infrastructures : en comparaison des pays émergents ou avancés, les États ouest-africains ne disposent pas de niveaux d’équipement satisfaisants. Si des zones d’ombre persistent sur les stratégies d’investissement, les choix technologiques et les modèles économiques qui président à la fourniture des infrastructures ouest-africaines, la diversification des financements et la poursuite des investissements laissent présager de nombreux progrès. Rassurante, cette assertion ne suffit pourtant pas à masquer certaines difficultés.
En Afrique, la carence en infrastructure occupe une importante place. L’Afrique souffre d’un énorme déficit d’infrastructures (routes, électricité, chemins de fer, ports, aéroports). Selon la Banque africaine de développement, moins du tiers de la population africaine a accès à une route praticable en toute saison, tandis que les coûts de transport et les délais d’acheminement des marchandises le long des corridors routiers sont deux à trois fois supérieurs à ceux des autres régions du monde.
Le déficit en matière d’infrastructures est l’un des facteurs clés qui empêchent l’Afrique de réaliser son plein potentiel de croissance économique, son pouvoir concurrentiel sur les marchés mondiaux et l’atteinte de ses objectifs de développement, notamment la réduction de la pauvreté. La partie la plus pauvre de la population des pays africains, en particulier la grande majorité de la population rurale qui représente 60 % de la population du continent, n’a généralement pas accès à des services d’infrastructures modernes de transport, de distribution d’énergie électrique, de communication, d’assainissement. Seuls 32 % des foyers africains ont accès à l’électricité, 61 % à l’eau et 31 % à un assainissement de base. La longueur des routes par habitant baisse à cause de l’augmentation de la population ces dernières années et l’absence d’investissements connexes nécessaires en infrastructures des transports. Bien que les télécommunications mobiles aient bénéficié d’une croissance énorme depuis dix ans, l’accès aux services large bande demeure très limité. Les niveaux actuels d’utilisation de l’eau sont bas, avec uniquement 3,8 % des ressources en eaux développées pour l’approvisionnement d’eau et la production hydroélectrique, et 18 % du potentiel d’irrigation exploité.
Cette absence d’infrastructures est particulièrement notable quand on compare l’Afrique aux autres régions du monde développé. Par exemple, alors que l’accès à l’électricité en Afrique est égal à environ 30 %, ce pourcentage dans les autres zones géographiques majeures du monde en développement va de 70 % à 90 %. Pour ces zones, l’accès aux services d’eau est égal à 80 % et à ceux d’assainissement à 90 %, contre 58 % et 31 % en Afrique.
Le déficit d’infrastructure concerne non seulement les infrastructures entre pays mais également les routes de desserte reliant les zones de production et les centres de transformation des produits agricoles ainsi que l’accès limité à l’électricité, entre autre.
Le transport routier est le mode de transport motorisé dominant en Afrique, représentant 80 % du trafic de marchandises et 90 % du trafic de passagers sur le continent. La densité routière reste très faible environ 7 km/100 km2 avec 40 % des routes en mauvais état.Le réseau ferroviaire continental est composé de 80.000 km de rail ; ce qui correspond à une densité de 2.7 km/1000 Km2. La plupart des lignes ferroviaires datent de l’époque coloniale et n’ont pas fait l’objet de renouvellement. Une vingtaine de pays africains ne disposent pas de réseau ferroviaire.
Le faible niveau de service est l’un des freins au développement du commerce interafricain et à la compétitivité du continent. Le transport représente 12 % des valeurs d’importation et 25 % pour les exportations contre 5,4 % et 8,8 % à l’échelle mondiale. Pour un poids démographique correspondant à 15 % de la population mondiale, l’Afrique consomme moins de 3 % de la production mondiale d’énergie à laquelle elle participe pour 7 % . Le manque d’accès à l’électricité en Afrique reste l’un des freins les plus importants au développement de la région et à sa prospérité, et continue à enfermer des millions de personnes dans le cercle vicieux de l’extrême pauvreté. S’attaquer à ce problème sera l’un des plus grands défis et l’une des plus grandes opportunités de développement pour l’Afrique dans les décennies à venir.
Mamadou Ben
SoonniNews, l’Afrique dans le monde🌏