Depuis la fin de la crise post-électorale, la Côte d’Ivoire a connu une croissance économique soutenue, en moyenne 6% sur les dix dernières années. Selon les données de la Banque mondiae (2020), la Côte d’ivoire demeure la locomotive économique de la zone UEMOA et la troisième puissance économique de la CEDEAO. Pourtant, la part de l’économie informelle en Côte d’ivoire représente 51% du PIB et plus de 80% des activités économiques (Rapport sur la situation économique et financière de la CI-DGT France, 2022).
L’économie informelle occupe plus de 90% de la main-d’oeuvre. Par conséquent, sa présence voire sa persistance constitue une réalité, qui n’est pas à considérer comme une anomalie à combattre, mais comme une composante structurante de l’économie nationale qui se doit d’être reconnue et accompagnée.
Le secteur informel représente: 97,7% des auto-entrepreneur, 4,4% des micro-enterprises, 61,3% des petites et moyennes entreprises. Le secteur informel se caractérise par le non-respect des critères de formalité reconnus par la législation; c’est-à-dire, l’enregistrement fiscal, la détention d’un registre de commerce, ou document équivalent (registre des métiers, inscription au répertoire des activités agricoles) et la déclaration de ses employés à la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (CNPS).

LES INITIATIVES DU GOUVERNEMENT IVOIRIEN DANS LE SECTEUR INFORMEL
Les efforts de l’État ivoirien se sont focalisés principalement sur la formation des entreprises informelles, notamment à travers des mesures réglementaires et institutionnelles. En ce sens, en 2017, le gouvernement ivoirien a adopté un décret portant sur le statut de l’entreprenant. Ce statut est accordé aux auto-entrepreneurs réalisant un chiffre d’affaires annuel inférieur à 5 milions de FCFA. On note également la loi N°2014338 du 5 juin 2014 relative à l’artisanat. Au niveau institutionnel, l’État de Côte d’Ivoire a créé la Chambre Nationale de Métiers de Côte d’Ivoire par le décret N° 93-01 du 7 janvier 1993. Elle représente les intérêts des opérateurs économiques du secteur de l’artisanat et des entreprises de métiers auprès des pouvoirs publics.
En outre, l’État a simplifié les procédures d’enregistrement des micro, petites et moyennes entreprises (MPME) au registre du commerce et la création de sociétés par le biais du Guichet Unique de Formalité des Entreprises (GUFE). Le secteur privé, à travers la Chambre du Commerce et de l’ndustrie de Côte d’voire (CCI-CI) et en collaboration avec les principales organisations faîtières des commerces identifient les artisans du secteur informel et leur octroi des titres de commerce et de crédit qui fait office de Registre du Commerce et du Crédit Mobilier (RCCM). Plusieurs initiatives visant la structuration des activités informelles ont été exécutées en Côte d’Ivoire. On peut citer:
1.La mise en place de pateformes multiacteurs au sein des filières agricoes (riz, anacarde, manioc, etc.) favorisant la convergence des intérêts des producteurs, transformateurs et commerçants de denrées agricoles.
2.L’organisation des Journées Nationales de Promotion des PME qui permet d’une part, de réunir l’ensemble des organismes d’appui au secteur privé et d’autre part, de renforcer la visibilité/attractivité ainsi qu’à élargir la base de données des PME.
3.La création du Fonds de Garantie des Crédits aux Petites et Moyennes Entreprises (FG-PME).
4.L’institution des Centres de Gestion Agréés (CGA) dont l’objet est d’apporter une assistance aux petites et moyennes entreprises nationales en matière de gestion et de formation dans le domaine financier, comptable, juridique et fiscal.
Magré ces initiatives, les entreprises informelles sont confrontées à plusieurs défis. Selon l’enquête sur le secteur informel réaisée par le CREMIDE avec le financement de l’ACET en 2020, les artisans et maîtres artisans du secteur informel déplorent le manque d’initiatives institutionnelles de formation à leur endroit. Cette situation cache dans bien de cas une méconnaissance des programmes de formation existants et des institutions dédiées à leur secteur d’activités. Il s’agit notamment des programmes de formation initiés par leurs structures de tutelle, en occurrence la Chambre Nationale des Métiers de Côte d’Ivoire et la Chambre d’Agricuture.
Par ailleurs, lorsque ces programmes sont connus, ils sont jugés soit onéreux ou d’un niveau éducatif inadapté. Aussi, les artisans déporent le fait de ne pas disposer de site d’activité définitif en dépit de leur contribution aux charges des collectivités territoriales.
Mamadou Ben
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