L’éducation dans le Mahou traditionnel

CE QUE JE PENSE.

Bonjour à toutes, à tous ! Heureux de vous trouver à nouveau. Comme toujours, c’est pour moi un grand bonheur et plaisir d’entrer en contact avec vous. Par la grâce du Massa-Foinsé ( Dieu), je vais bien et je m’en vais espérer qu’il en est de même de votre côté. Le thème de notre causerie du jour sera l’éducation dans le Mahou traditionnel. Qu’est-ce qu’éduquer ? En effet, il s’agit d’accompagner une personne ( enfant) dans son développement afin de l’aider à devenir autonome, responsable et capable de vivre avec les autres. Et cela consiste notamment à transmettre des connaissances et des valeurs, à apprendre des règles de vie, à aider chacun à construire sa personnalité. Le Mahou est un espace qui fait partie du grand espace malinké. Eu égard à cette appartenance, la société mahouka est patrilinéaire ; ce qui signifie que la filiation, le nom , les biens ou l’héritage sont transmis par la lignée du père, contrairement au matrilinéaire où l’opération se fait par la lignée de la mère. Dans la société mahouka, à l’instar des autres composantes du monde malinké, la responsabilité de l’éducation des enfants échoit plutôt au frère-cadet du géniteur de ces enfants. Parfois il arrive que le géniteur demande à son frère-cadet de dire ou de faire à son fils car ce dernier est le vrai père à effectuer une tâche donnée. Le frère-cadet est en charge de ce qui concerne le ou les enfants. Tout part de lui, tout revient à lui. Dans la société mahouka, l’appellation oncle n’est réservée qu’aux frères de la mère. Tous les frères de la mère sont des oncles tandis que tous les frères cadets du père sont des pères car c’est à eux qu’incombe l’éducation des enfants. En dépit de la polygamie au sein de la société, ce qui permet à l’homme d’avoir plus d’une femme, on a beau être de différentes mères, on est des frères ou des sœurs. La notion de demi-frères ou demi-sœurs n’existe ni dans la société mahouka, ni dans les autres composantes de la grande société malinké dont toutes ces composantes forment la somme du monde malinké. Lors des salutations, les plus jeunes tendent les mains en premier. Pendant les échanges verbaux, les cadets ont l’obligation de baisser la tête et/ou de regarder partout sauf dans les yeux de l’aîné. Fixer les yeux dans ceux de l’aîné est un affront, signe de mauvaise ou manque d’éducation. Lorsque l’on veut demander la main d’une fille, on s’adresse plutôt au frère cadet du géniteur ; dans le cas contraire, le géniteur vous enverra à son frère cadet. Bien que patrilinéaire, l’homme mahouka accorde une place toute particulière au côté maternel, sachant peut-être qu’on est davantage l’enfant de sa mère que de son père. On dit aussi chez les mahouka que l’essence de tout homme est contenue dans une calebasse, de notre côté maternel. Autant un enfant peut être persécuté du côté paternel, autant jamais du côté maternel. Quel que soit notre âge, l’on y est toujours un enfant, on est donc, comme on dit, chouchouté. Pour l’aspect matrimonial, qu’on soit demandeur ou receveur, la tâche échoit toujours au frère cadet du géniteur. Telle est ma petite connaissance sur l’éducation dans le Mahou traditionnel.

Massa Solo BAMBA:

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