La corrupton est sans aucun doute le défi le plus pressant qui se pose à la gouvernance et au développement de lAfrique.
La corruption a un effet dévastateur et corrosif sur le progrès, la stabilité et le déveoppement du continent. Elle constitue une entrave à la croissance économique car elle décourage les investissements étrangers, occasionne des distorsions au niveau de la réparttion des ressources et de la concurrence sur le marché, augmente les coûts d’entreprise et réduit la valeur nette des dépenses publiques. Elle réduit également la qualité des infrastructures de services et publiques ansi que le volume de recettes fiscales et encourage le détournement et la mauvaise réparttion des ressources rares. Dans le domaine politique, la corruption sape l’État de droit, le respect des droits humains, la responsabilisation et la transparence et affaiblit les institutions publiques.
Bien qu’elle soit un phénomène mondial, l’impact de la corrupton se fait plus sentir dans les pays pauvres et moins développés où les ressources destinées au développement sont indûment détournées par des individus, ce qui aggrave la pauvreté. Selon l’édition de 2005 du Rapport sur la gouvernance en Afrique, la corruption est considérée comme le plus important problème que traverse le continent , à part la pauvreté et le chômage. Dans le même ordre d’idées, il est indiqué dans l’édition 2009 du Rapport sur la gouvernance en Afrique, que les principales institutions étatiques, à savoir le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire sont réputés corrompus en Afrque. Dans la plupart des pays ouest-africainsoù des enquêtes ont été menées, plus de 50% des experts pensent que le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire sont les institutions les plus corrompues. Plus triste, le rapport indique que même les organsations de la société civile ne sont pas à l’abri de la corrupton. Les conclusions des rapports du Rapport sur la gouvernance en Afrique sont corroborées par l’indicateur de perception de la corrupton en Afrque établie par l’organisation Transparency international. Selon cette dernière, entre 2007 et 2010, seuls trois pays (île Maurice, Botswana et Cap Vert) ont satisfait au seuil minimum de cinq points qui constitue le seuil de niveau tolérable de la corruption dans tous les pays. De même, le Baromètre mondal de la corruption (2007) révèle que la corruption au niveau des insttutons publiques est le phénomène qui cause plus de tort à l’Afrique en tant que région. Ces conclusions montrent carement que la corruption constitue un problème sérieux et généralisé en Afrque et demeure un principal obstacle au développement et à la bonne gouvernance.
Les conséquences socio-économiques et politiques de la corruption en Afrque sont multiples. Par exemple, en 2004 selon des estimations, la corruption coûte au continent plus de 148 milliards de dollars des États-Unis chaque année. Par ailleurs, 50% des recettes fiscales, 25% du PIB et 30 milliards de dollars des États-Unis consacrés à l’aide pour l’Afrique sont détournés au moyen de la corruption. En outre, des flux financiers illicites que s’opèrent la plupart au travers de pratiques de corruption continuent de dérober aux pays ouest-africains les ressources financières nécessaires à son développement.
Vu ce qui précède, Cela fait de la corruption et la gouvernance un important défi de développement pour la stabilité politique en Afrque de l’ouest.
Mamadou Ben
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