En Afrique de l’Ouest, le tableau de l’emploi des jeunes est peu reluisant. En effet, les jeunes travailleurs sont concentrés de manière disproportionnée dans l’économie informelle. Le manque d’emplois permanents pour les jeunes est en hausse. L’insécurité et le ralentissement de la transition de l’école au travail demeurent préoccupants. Le découragement et le détachement du marché du travail tendent à se généraliser.
Dans un continent à la recherche de moyens d’éradication de la pauvreté, de développement durable et de paix, il paraît clair que relever le défi de l’emploi des jeunes est une condition préalable à ces aspirations. Ainsi, la meilleure façon de sortir de la pauvreté, c’est de créer des emplois.
si on regarde la deuxième génération des Cadres stratégiques pour la croissance et la réduction de la pauvreté lancés par beaucoup d’Etats africains sous l’impulsion du FMI et de la Banque mondiale, la question de l’emploi devient une question centrale. Les États de la sous-région doivent faire passer la question de l’emploi, non pas comme une question résiduelle, mais comme une question centrale des stratégies macroéconomiques. Ils devraient prendre conscience également que ces politiques macroéconomiques doivent être à même de soutenir une croissance inclusive riche en emplois.
Dans le contexte des vicissitudes nées de la crise financière mondiale de 2008, les dépenses des gouvernements sur les politiques de l’emploi ciblant les jeunes devraient être soutenues pour remettre les clignotants au vert. Or, dans de nombreux pays africains,l’assainissement des finances publiques domine l’agenda politique. La réduction des dépenses publiques qui sous-tend cette politique est susceptible d’aggraver la crise de l’emploi des jeunes.
FACTEURS BLOQUANTS :
En Afrique subsaharienne, la tâche n’est pas aisée à cause de deux facteurs:
Le premier est relatif à l’inadéquation entre croissance économique et accroissement de l’emploi. En effet, malgré une croissance soutenue de 5% ces dernières années, le niveau de l’emploi des jeunes n’a pas augmenté.
Le second facteur est caractérisé par l’inadéquation entre les systèmes d’éducation/formation et les besoins du marché du travail. Autrement dit la faible employabilité des jeunes. D’où la nécessité de trouver de meilleurs liens entre éducation, formation et monde du travail. A cet effet, il faudrait faire en sorte que l’Enseignement et la Formation techniques et professionnels (ETFP) soient adaptés aux besoins du marché du travail.
En somme, l’employabilité des jeunes ouest-africains, s’articule autour de deux principaux axes d’orientation :
• l’adéquate intégration de la problématique de l’emploi des jeunes au sein des programmes et des politiques nationales ;
• le développement d’interventions en faveur des jeunes les plus défavorisés.
Mamadou Ben
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