BARKHANE, TAKUBA, MINUSMA : la présence militaire française et européenne au Sahel
Le 11 janvier 2013, à la demande du gouvernement malien, la France déclenche une opération militaire afin de bloquer l’avancée d’une colonne de jihadistes et de rebelles touareg vers Bamako. L’année suivante, elle met en place l’opération Barkhane, qui va devenir la plus longue opération militaire extérieure française depuis la fin de la guerre d’Algérie. Elle va compter jusqu’à 5 500 soldats déployés au Mali, au Niger et au Tchad en partenariat avec les cinq pays de la zone sahélo-saharienne (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad), membres du G5 Sahel.
Selon les données publiées par le ministère de la Défense en décembre 2021, l’opération Barkhane dispose de trois bases militaires dans le nord du Mali. La principale se situe à Gao et dispose d’hélicoptères de combat, de troupes (appelées GTD, “groupements tactiques désert”), de véhicules blindés lourds et de moyens logistiques de transport.C’est là qu’est basé l’essentiel du dispositif militaire français au Mali, complété par des éléments de la Task Force Takuba qui compte 800 militaires envoyés par la Belgique, la République Tchèque, le Danemark, l’Estonie, la France, l’Italie, la Hongrie, les Pays-Bas, le Portugal et la Suède. La moitié de cette task force est composée de soldats français. Trois hélicoptères lourds de transports britanniques CH-47 Chinook sont également déployés à Gao depuis mi-juillet 2018.
Deux autres “bases opérationnelles avancées” sont implantées dans les étendues désertiques du nord du Mali. À Menaka, le commandement et la task force franco-tchèque Takuba opèrent depuis mars 2021 ainsi que la force de réaction rapide héliportée armée par les Suédois. À Gossi, l’armée française dispose d’une unité tactique. Enfin, à Ansongo, on trouve une Unité légère de reconnaissance et d’intervention de la Task Force Takuba.
Entre octobre et décembre 2021, les forces françaises se sont retirées de Kidal, Tessalit et Tombouctou. Début janvier 2022, des instructeurs de l’armée russe et des mercenaires du groupe Wagner se sont installés dans la base militaire de Tombouctou.
À l’extérieur du Mali, les forces françaises disposent de deux bases militaires permanentes. La première se situe à Niamey, la capitale du Niger, où est installée la principale base aérienne de l’opération Barkhane avec six drones Reaper et 7 avions de chasse de type Mirage. Une unité de combat complète le dispositif sur cette base située à proximité de la zone dite des trois frontières (Mali, Burkina Faso, Niger).
Plus à l’est, au Tchad, on trouve le poste de commandement de l’opération BARKHANE. Une base aérienne est installée à N’DJAMENA, la capitale tchadienne. Avec 5 à 8 avions de transport, elle assure les missions essentielles de logistique sur un théâtre d’opération de 5 millions de kilomètres carrés.
Au Sahel, on trouve également le PC de l’ « OPÉRATION SABRE » installé à proximité de Ouagadougou, au Burkina Faso. Depuis 2009, 350 à 400 soldats des forces spéciales y sont stationnés. La plupart des chefs jihadistes éliminés ces dernières années l’ont été dans le cadre d’opérations menées par cette unité.
En Afrique de l’ouest, une présence militaire française et européenne est solidement implantée pour lutter contre la propagation du Jihadisme vers le golfe de Guinée, déjà constatée dans le nord de la Côte d’Ivoire, du Ghana et du Bénin.
Mamadou Ben
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