Les zones économiques spéciales (ZES) sont des zones franches, à l’échelle d’un port, d’un quartier ou d’une ville, fonctionnant comme des enclaves économiques et fiscales. Elles ont notamment été un outil permettant l’implantation d’entreprises capitalistes dans des pays à économie dirigée, et plus particulièrement dans les villes côtières chinoises. L’un des exemples les plus célèbres, en raison de sa réussite, est celui de la ville de Shenzhen, sur le delta de la Rivière des Perles (voir Sanjuan, 2016 et Nawrocki, 2020). On compte 700 zones économiques spéciales en Asie du Sud-Est, plus de 2 500 en Chine (Bulard, 2021), et 5 400 dans le monde (Guéguen, 2024).
Les SEZ (Special Economic Zones), sont des zones franches créées par le gouvernement central indien à partir de 1965. La première a vu le jour à Kandla, dans le Gujarat : cette EPZ (Export Processing Zone) fut la première zone franche d’Asie. Les premières EPZ étaient spécialisées dans la production de produits à haute valeur ajoutée (joaillerie, électronique) et à main-d’œuvre qualifiée, à la différence des zones économiques spéciales des autres pays.Une accélération a lieu à partir du SEZ Act de 2005 qui permet aux acteurs privés et aux agences de développement industriel des États de l’Union indienne de créer leurs SEZ (Rouanet et Varrel, 2015). Pour attirer les investissements étrangers, ces zones bénéficient d’importants avantages fiscaux et d’une meilleure qualité des infrastructures (électricité, transports). Leurs productions surtout destinées à l’exportation connaissent une très forte croissance.
Yaoundé, le 28 juin 2022 (CEA). La Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), en collaboration avec l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI) et le “Programme ACP Business-Friendly” ont organisé le mardi 28 juin 2022 un webinaire sur les enjeux et opportunités des zones économiques spéciales (ZES) de nouvelle génération pour la diversification économique et l’industrialisation en Afrique centrale.Ce webinaire auquel ont pris part plus d’une centaine de participants avait pour objectif d’engager un dialogue avec les différentes parties prenantes de la sous-région sur l’importance des zones économiques spéciales comme accélérateur de la diversification économique et l’industrialisation en Afrique centrale dans un contexte de révolution industrielle 4.0 et d’avènement de la ZLECAf. Des panélistes de haut niveau sont intervenus à travers des présentations suivies de discussions.Selon Raymond Tavares, Représentant de l’ONUDI pour l’Afrique centrale, « Le développement et la promotion des ZES de nouvelle génération s’inscrivent dans un processus visant l’attrait des investisseurs étrangers pour les pays en développement. Celles-ci devraient être alignées aux exigences de durabilités et de respect de l’environnement qui sous-tendent l’agenda 2030 et peuvent être des foyers d’innovation qui impulseront des changements dans le reste de l’industrie »
« L’Afrique centrale dispose d’abondantes ressources naturelles qui doivent être davantage transformées sur place permettant ainsi à la sous-région d’accélérer son processus d’industrialisation et de diversification. Et le développement des ZES de nouvelle génération constitue un des moyens pour atteindre cet objectif » a indiqué Jean Luc Mastaki, Directeur a.i du Bureau sous-régional pour l’Afrique centrale de la CEA.« Les ZES ne prétendent pas être la panacée, elles sont néanmoins un formidable outil de bien-être de nos populations, pour un développement à bénéfice mutuellement profitable, intégré de nos pays et du continent, d’ouverture de nouvelles opportunités et de recherche de progrès » a souligné Abdoulaye Maïga, Membre du Conseil d’administration de l’Organisation africaine des zones économiques. Il a ajouté que les ZES en plus de constituer un outil pour atteindre les objectifs de développement pouvaient également servir d’instrument de paix et de sécurité en citant les exemples du Mali et du Burkina Faso.
François SERRES, avocat international et spécialiste en droits des partenariats a rappelé que la mise en place d’une ZES devait nécessairement s’aligner sur la politique industrielle d’un pays pour éviter de créer un effet d’aubaine pour des investisseurs et opérateurs en quête d’opportunités et d’avantages. Mme Nilgün Tas, Directrice Adjointe du Département Environnement à l’ONUDI a mis l’accent sur la dimension environnementale dans l’opérationnalisation des ZES. Elle a présenté les bienfaits des éco-parcs industriels qui abordent des aspects interdépendants, tels que la transition vers l’économie circulaire, la production économe en ressources et la symbiose industrielle.
«Nous devons construire nos ZES à partir de nos réalités, à partir des choses qui existent et non venues d’ailleurs» a souligné M. Philémon Roger Essono Obam, Ingénieur spécialiste dans la conception et la réalisation d’usines de transformation agro-alimentaires.
Mamadou Ben, Soonninews🌍