



Présentation générale
Fondée le 3 octobre 1962 avec le concours de groupes pétroliers internationaux, la SIR assure le raffinage du pétrole brut et la distribution de produits pétroliers en Côte d’Ivoire et dans le reste du monde. Elle est aujourd’hui considérée comme le premier complexe industriel de raffinage d’Afrique francophone.
Performance financière récente
Un pic exceptionnel en 2022, suivi d’une normalisation
En 2022, la SIR a affiché un résultat net de 125,1 milliards de FCFA, contre 24,7 milliards de FCFA en 2021. Ce bénéfice record a été réalisé pour un chiffre d’affaires de 2 661,1 milliards de FCFA, faisant de la SIR l’entreprise publique la plus rentable de Côte d’Ivoire cette année-là. Cette progression est en grande partie attribuable à l’appréciation des cours du pétrole.
En 2023, la SIR a confirmé la solidité de son modèle économique avec un bénéfice de 95,35 milliards de FCFA — un recul de 24% qui reflète la contraction des marges mondiales de raffinage.
La marge de raffinage : variable déterminante
La marge de raffinage était de 17 $/baril en 2022 et de 11 $/baril en 2023. L’exercice 2024 sera sanctionné par un résultat positif en ligne avec la moyenne de la marge de raffinage 2024 qui clôturera autour de 5 $/baril. Au niveau opérationnel, il faudra être encore plus performant avec le retour de la marge de raffinage à des valeurs autour du niveau traditionnel de 2,5 $/baril, qui est pris comme budget.
Taux d’utilisation en hausse
Le taux d’utilisation s’est amélioré par rapport aux années précédentes en s’établissant autour de 73%, niveau le plus haut depuis 2015.
Restructuration financière : une longue remontée
Les grandes étapes qui ont permis le renouveau sont : le remboursement de la dette de crise (180 milliards de FCFA) entre 2012 et 2015, la mise en place d’un mécanisme de prix ex-SIR en 2013, la restructuration de la dette fournisseurs en 2018, et aujourd’hui le financement de l’HDS à 545 milliards de FCFA.
Après les années difficiles (2014, 2015, 2016), la SIR est actuellement l’une des sociétés publiques les plus rentables de Côte d’Ivoire. Elle avait retrouvé l’équilibre financier en 2017, puis enregistré des résultats positifs, passant de 23,3 milliards de FCFA en 2018 à 24,7 milliards de FCFA en 2021.
Évolution de l’actionnariat
TotalEnergies Marketing Côte d’Ivoire a officialisé la cession de l’intégralité de sa participation dans la SIR, intervenue le 30 juillet 2024. L’opération concerne la vente de 793 750 actions, soit 20,35% du capital, à la société Raffinage de Sahara Ltd. Avec cette acquisition, Sahara Ltd renforce sa participation de 6,98% à 27,33%.
L’État ivoirien conserve une influence déterminante grâce à sa position majoritaire au sein de Petroci, qui détient 45% des parts de la SIR. Sonangol, le géant pétrolier angolais, possède 20% des parts. Le Burkina Faso, qui détient 5% des parts, reste un partenaire stratégique.
Cette transaction marque un tournant historique : elle élimine tout actionnaire non africain de la SIR, renforçant ainsi l’autonomie énergétique de la région.
Capacités industrielles et avantages concurrentiels
Équipée de deux unités de distillation atmosphérique de 75 000 barils par jour et d’un hydrocraqueur de 18 000 barils par jour, la SIR traite aujourd’hui 3,8 millions de tonnes par an, contre 700 000 tonnes en 1965. La possession d’un hydrocraqueur est un atout rare sur le continent, qui lui permet de produire des produits à plus haute valeur ajoutée.
La SIR bénéficie de mesures institutionnelles qui la rendent forte — marché captif, douanes, régime fiscal —, ce qui rassure les partenaires financiers et commerciaux pour financer les projets du plan stratégique.
Investissement structurant : le complexe HDS
La première pierre du Complexe d’Hydrodésulfuration du Gasoil (HDS), d’un coût de 545 milliards de FCFA, a été posée en octobre 2025. Cette infrastructure devrait entrer en service en 2029, à l’issue de 44 mois de travaux. Elle permettra de réduire de 75% les émissions de soufre (SO₂) et de produire des carburants conformes à la norme AFRI 6 — devançant les prescriptions de la CEDEAO. C’est le premier complexe de ce type intégré à une raffinerie existante en Afrique de l’Ouest.
Synthèse SWOT
Forces : position de monopole régional, infrastructure rare (hydrocraqueur), redressement financier solide depuis 2017, soutien étatique structurel, taux d’utilisation en progression.
Faiblesses : forte sensibilité aux marges mondiales de raffinage, résultats très volatils selon les cours du pétrole, budget 2025 calé sur un niveau de marge bas (2,5 $/bbl).
Opportunités : méga-projet HDS qui positionnera la SIR comme hub énergétique régional de référence, africanisation du capital potentiellement favorable aux synergies sous-régionales, croissance de la demande en hydrocarbures en Afrique de l’Ouest.
Menaces : pression de la transition énergétique à moyen/long terme, volatilité des cours du brut, risque de refinancement du projet HDS si les marges restent basses.

