Le mystère de l’actionnariat qui évolue
Depuis sa création en 2012, l’État de Côte d’Ivoire détient 58% du capital actuel, l’entreprise Optimus Holding (anciennement Goldenrod) possède 23%, Air France détient 11% et la Banque Ouest-africaine de développement (BOAD) s’en sort avec 8% du capital Air Côte d’ivoire. Mais cette répartition cache une histoire fascinante de transformations successives.
Au départ, le capital initial était détenu à 65% par l’État de Côte d’Ivoire et à 35% par le Partenaire Stratégique constitué par Air France Finance (20%) et Aérienne de Participation-Côte d’Ivoire (15%), la société de participation aérienne de droit ivoirien du Fonds Aga Khan AKDN.
Des questions qui intriguent :
1. Le désengagement progressif d’Air France : Comment la participation française est-elle passée de 20% à seulement 11% ? Qu’est-ce qui explique ce recul stratégique ?
2. L’énigme Optimus Holding/Goldenrod : Qui se cache derrière cette entreprise qui détient aujourd’hui 23% du capital ? Le Fonds Aga Khan a-t-il vraiment cédé ses parts ou s’est-il simplement restructuré ?
3. L’entrée en scène de la BOAD : Pourquoi cette banque régionale a-t-elle investi dans la compagnie ? S’agit-il d’un sauvetage financier déguisé ou d’une stratégie régionale plus large ?
4. L’ambiguïté du contrôle : Avec 58% des parts, l’État ivoirien garde-t-il vraiment le contrôle, ou les actionnaires privés influencent-ils davantage les décisions stratégiques ?
Un enjeu de souveraineté économique
Air Côte d’Ivoire a été créée en mai 2012 à l’initiative du Président Alassane Ouattara, dont la vision consistait à doter la Côte d’Ivoire d’une grande compagnie aérienne qui contribuerait à sa relance économique et à son rayonnement international. Mais cette ambition nationale est-elle compatible avec une gouvernance où les intérêts privés et étrangers pèsent si lourd ?
La vraie question n’est donc pas seulement « qui détient Air Côte d’Ivoire ? » mais plutôt « qui décide réellement de son avenir ? »

