L’intégration régionale est un processus par lequel un groupe de pays avec ou sans frontières communes libéralise ses échanges au moyen d’une zone de libre-échange ou d’une union douanière et crée de ce fait un marché commun des biens, des personnes, des capitaux et des services. Au delà des questions économiques, plusieurs préoccupations existent souvent et qui amènent les pays à s’unir dans un cadre régionale : ce sont notamment, l’existence politique, la sécurité, la paix et développement humain des citoyens qui finissent par âtre des citoyens communautaires.
L’intégration a donc une dimension politique réelle et qui fait que nous constatons que dans certaines communautés comme l’Union européenne , les critères d’adhésion portent aussi sur la pratique de la démocratie, la protection des droits humains et la protection de l’environnement.
Des modèles d’intégration plus avancés, tels que l’Union européenne, sont allés plus loin par l’adoption d’une monnaie unique, l’harmonisation législative dans certains domaines et l’élaboration de politiques communes.
Par intégration africaine, il faut entendre la volonté des pays africains de constituer un ensemble politique et économique à même de parler d’une même voix et de mettre en œuvre des programmes économiques pour le développement de l’Afrique.
La Côte d’Ivoire, malgré la crise qui la frappe, se présente comme un pays porteur, avec une économie solide basée sur les productions de rente (café, cacao) mais aussi sur les mines et énergies et un secteur dynamique des services (banques, assurances, etc.). les infrastructures routières, ferroviaires, aériennes et immobilières sont des plus performantes de la sous-région et le pays peut également se targuer de disposer de ressources humaines de qualité dans tous les secteurs de la culture, de l’économie et des finances, de l’industrie, des services et des nouvelles technologies.
Poser donc la problématique des enjeux de l’intégration africaine pour la Côte d’Ivoire aujourd’hui revient donc à établir un partenariat gagnant-gagnant entre ce pays et la dynamique actuelle d’intégration africaine.
En d’autres termes, quelle peut être la contribution de l’intégration régionale dans le développement politique, économique et socio- culturel du pays et en quoi la Côte d’Ivoire peut-elle servir de catalyseur ou d’accélérateur au processus d’intégration régionale ?
Au PLAN POLITIQUE
La Côte d’Ivoire peut se féliciter de la mobilisation exemplaire dont ont fait preuve les pays membres des CER (Communautés Économiques Régionales) comme la CEDEAO, l’UEMOA ainsi que l’UA pour le retour de la paix, après un conflit interne dont les conséquences menaçaient l’équilibre régional et la stabilité de la sous-région. Le dialogue direct qui a donné naissance à l’Accord Politique de Ouagadougou (APO) est placé sous la facilitation du président en exercice de la CEDEAO, les forces de l’ONUCI qui sécurisent le processus de sortie de crise sont composées en majorité de contingents issus des pays membres de la CEDEAO et de l’UA, et les exemples pourraient se suivre indéfiniment. Cette solidarité exemplaire constitue un atout non négligeable qui démontre tout l’intérêt que la côte d’Ivoire avait à militer au sein des CER et de l’UA.
AU PLAN ÉCONOMIQUE
IL importe de mettre un accent particulier sur l’interpénétration de nos économies et la nécessité de développer des relations commerciales sud-sud basées sur la solidarité et la complémentarité, capables de s’intégrer dans le marché mondial.
La Côte d’Ivoire est persuadée que l’intégration lui permet d’avoir accès à un marché plus vaste que le marché intérieur, pourvu que les règles de libre circulation des personnes, des biens et services devienne une réalité. L’accès à de nouveaux marchés, la libre installation de nos entreprises constituent également des facteurs pourvoyeurs d’emploi, donc susceptible de lutter contre le chômage.
La volonté politique de la Côte d’Ivoire à aller à l’intégration régionale a été réaffirmée par la constitution de 2000 et la création d’un département ministériel consacré exclusivement à cette question.
La position de leadership de la Côte d’Ivoire, ses infrastructures, son poids économique et la qualité de ses ressources humaines lui confèrent un rôle prépondérant dans la promotion de l’intégration régionale.
Le pays sert de porte d’accès de toutes structures économiques communautaires notamment L’UEMOA et de la CEDEAO. II œuvre au quotidien à la promotion économique en coordonnant les actions économiques régionales.
Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire peut s’estimer prête à appuyer le développement sous-régional grâce à tout le potentiel qu’il est en mesure de mettre à la disposition des pays aux capacités moindres.

Mamadou Ben
SoonniNews, le journal panafricain de l’intelligence économique et politique africaine🌍
