Des experts africains réunis à Kinshasa du 2 au 4 novembre dans le cadre de la 10ème édition de la Conférence économique africaine (AEC), ont fortement recommandé aux pays africains de réduire leur forte dépendance des exportations des matières premières et des importations des biens de consommation pour espérer sortir les populations de la pauvreté et des inégalités sociales.
L’Afrique est trop dépendante de ses matières premières (minerais, pétrole et produits agricoles). Dans certains pays comme le Nigeria près de 80% des exportations concernent les produits pétroliers. Et ce pays n’est pas seul dans cette situation. Dans le même temps, le continent importe quasiment l’essentiel des biens de consommation et d’équipement.Cette double dépendance devenue chronique est un héritage du schéma économique dessiné par les colons qui ont fait de l’Afrique une source sûre d’approvisionnement en matières premières nécessaires pour leurs industries. « C’est une tendance qu’on a toujours observé mais qu’on ne parvient pas à renverser », déplore un expert. Tous les pays du continent doivent engager des politiques courageuses de transformation locale de leurs matières premières. Cette transformation générera plus de plus-value, de main d’œuvre et d’investissements dans le secteur des infrastructures porteur de croissance. La création des industries de transformation permettront de lutter efficacement contre le chômage, la précarité et en gros la pauvreté.
La dépendance des matières premières est une source de vulnérabilité.
La croissance contribue-t-elle au développement ?
La République démocratique Côte d’Ivoire affiche une situation macroéconomique stable. Une croissance moyenne de 5% ces cinq dernières années, une prévision de croissance de l’ordre de 8,4% mais une persistance des inégalités alors que le pays est doté d’importantes ressources minières et agricoles.
Au-delà de la transformation locale, tous les pays qui vivent des recettes tirées de l’exploitation minière doivent se regrouper dans une espèce d’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) afin d’influencer les tarifs et cours mondiaux de ces matières.
« Pourquoi on n’y a jamais pensé »
Au sujet des importations, autres facteurs qui crèvent les économies africaines, les pays africains doivent libéraliser leurs économies. L’objectif sera d’augmenter les échanges et donc la réduction des prix de certains produits. « Ouverture commerciale, transformation structurelle et réduction de la pauvreté : réalités empiriques en Afrique » Une libéralisation du commerce peut avoir des conséquences néfastes car cela peut accentuer la pauvreté. Les entreprises locales africaines n’ont pas les moyens pour résister face à la concurrence des grandes firmes étrangères. Une libéralisation non maîtrisée entrainera la destruction des entreprises locales.
La libéralisation du commerce provoquera des conséquences mais à long terme, l’Afrique et ses populations y gagneraient.
Mais pour en tirer le meilleur parti possible, les pays africains doivent mettre en œuvre des politiques de renforcement des capacités productives, d’industrialisation, d’incitation à l’investissement, d’amélioration de l’intégration régionale et des infrastructures.
La CNUCED ( Conférence des Nations unies sur le commerce et le Développement ) avertit que les chocs économiques mondiaux, le changement climatique entre autres défis pourraient saper les efforts de diversification des exportations de l’Afrique si les pays ne mettent pas en place les bonnes politiques et réglementations et ne renforcent pas les capacités institutionnelles.

Mamadou Ben
SoonniNews, l’Afrique dans le monde🌏
