L’IMPACT DE LA ZLECAF SUR L’INDUSTRIE OUEST-AFRICAINE

L’IMPACT DE LA ZLECAF SUR L’INDUSTRIE OUEST-AFRICAINE

L’industrialisation en Afrique de l’Ouest constitue actuellement une problématique majeure, dans un contexte nouveau marqué par l’entrée en vigueur effective de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf) depuis le 1er janvier 2021. Les implications potentielles de l’élimination des droits de douane et de la réduction des barrières non tarifaires sur les activités industrielles dans la sous-région ouest-africaine.

Cette fin a permis d’utiliser la base de données du Global Trade Analysis Project (GTAP10) ainsi qu’un modèle d’équilibre général calculable dynamique multi régional.Trois scénarios ont été simulés : la suppression des droits de douane, une libéralisation progressive, et la combinaison de la suppression des droits de douane avec la réduction des barrières non tarifaires. Les résultats démontrent que la ZLECAf contribuerait à l’amélioration de la valeur ajoutée dans la majorité des activités industrielles en Afrique de l’Ouest. Les canaux d’industrialisation résulteraient de l’accroissement des exportations de produits industriels, de la consommation des ménages et de l’accès à des facteurs de production à moindre coût. Ce qui met en avant l’importance de renforcer l’intégration régionale, qui nécessite l’amélioration de la qualité des infrastructures commerciales et la mise en place de corridors efficaces pour surmonter les défis liés au manque d’infrastructures de transport et aux lenteurs procédurales. Ces réformes contribueraient à stimuler les activités industrielles au sein de l’espace CEDEAO.

PERMETTRE AUX PAYS D’AFRIQUE DE L’OUEST DE TIRER PLEINEMENT PROFIT DE LA ZLECAF

La Commission économique pour l’Afrique (CEA), à travers son Bureau sous-régional pour l’Afrique de l’Ouest, en partenariat avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) organisera du 12 au 13 Juin prochain à Dakar, un atelier régional d’examen du projet de rapport de l’étude sur les opportunités de chaînes de valeurs régionales en Afrique de l’Ouest dans le contexte de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).Cet atelier de deux jours vise à examiner et à enrichir le projet de rapport de l’étude sur les principales opportunités de chaînes de valeur en Afrique de l’Ouest :Informer et à mobiliser les acteurs impliqués, notamment le secteur privé et leurs structures faîtières au plan régional sur le projet de développement de chaines de valeurs en Afrique de l’Ouest dans le contexte de la ZLECAf.Convenir d’une feuille de route sous-régionale sur la mise en œuvre des recommandations de l’étude et en particulier du développement des chaines de valeurs en Afrique de l’Ouest, en cohérence avec les initiatives de la CEDEAO dans ce domaine.Les chaînes de valeur, que ce soit au niveau régional ou mondial, représentent le nouveau visage du commerce international. Elles sont en plein essor et représentent aujourd’hui près de la moitié du commerce mondial total. Elles sont associées à divers avantages, notamment la réduction de la pauvreté, la génération de revenus, la transformation structurelle et la croissance inclusive. Par exemple, il a été démontré qu’une augmentation de 1 % du commerce par le biais des chaînes de valeur entraîne une augmentation de plus de 1 % du revenu par habitant d’un pays, ce qui représente plus du double du gain de revenu attribué du commerce ordinaire (référence : Banque mondiale, Rapport sur le développement dans le monde 2020).

Avec l’avènement de la ZLECAf, il est escompté que le commerce intra-régional augmente de manière significative. En effet, selon les simulations de la CEA, la mise en œuvre de la ZLECAf devrait générer à l’horizon 2045, un accroissement des échanges intra-africains de 33,8 % (contre seulement moins de 20 % en 2020). Cela devrait se traduire par un accroissement des échanges de produits agroalimentaires de 41,1 %, de produits industriels de 39 %, de produits énergétiques et miniers de 16,1 % et des services de 39,2 %.

Dans l’espace CEDEAO, la mise en œuvre effective de l’Accord devrait générer plus de gains qu’au niveau régional, soit plus de 32 % des gains du niveau continental, notamment en termes d’échanges intra-africains y compris au niveau des filières à fort potentiel de valeur ajoutée, de PIB, de bien-être.

Mamadou Ben, Soonninews🌍

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