Dans un monde marqué par la mondialisation, l’Afrique souffre du volume réduit de ses marchés, de la faiblesse de ses institutions, d’un développement humain insuffisant, de la détérioration des termes des échanges, de conflits permanents et d’un climat d’investissement médiocre.
Dans ces circonstances, les gouvernements africains ont identifié la coopération panafricaine dans le cadre de Communauté ÉconomiqueAfricaine (CEA) et du NEPAD comme le vecteur privilégié de l’accélération du développement de l’Afrique au XXIe siècle.
Cette étude examine le commerce intra-régional et l’intégration au sein de certains regroupements régionaux, en portant une attention toute particulière aux mesures et aux modalités de promotion du commerce et du développement, dans la perspective d’une intégration sans heurts au sein de l’économie mondiale.
Les acteurs économiques du développement s’accordent sur le fait que la libéralisation du commerce, lorsqu’elle est conçue et mise en œuvre de manière adaptée, est un moteur puissant de la croissance et du développement économique. La libéralisation peut être examinée au plan multilatéral sous l’angle des principes GATT/OMC de non discrimination et de nation la plus favorisée, qui impose aux partenaires commerciaux de traiter de manière similaire l’ensemble des entreprises et des investisseurs, étrangers comme nationaux, et d’accorder à l’ensemble des membres du GATT/OMC tout privilège accordé à une nation quelconque.
Les accords commerciaux régionaux (ACR) sont en porte-à-faux par rapport au principe de non discrimination, puisque les participants libéralisent le commerce entre eux en excluant les non-membres de marchés qui les intéressent. Les membres de l’OMC sont quasiment tous membres d’un ou de plusieurs ACR et le nombre de ces accords n’a fait que croître depuis la naissance de l’OMC. Deux motivations principales sous-tendent le développement des accords régionaux. La plupart des ACR formés par les pays développés et les pays en développement avancé d’Amérique latine et d’Asie ont pour objectif de garder pour soi les opportunités de marché et d’obtenir des avantages concurrentiels par rapport aux non-membres. Cette tendance est également due à l’incapacité de ces pays à obtenir des engagements multilatéraux dans les domaines qui les intéressent. La libéralisation du commerce régional est donc une approche de substitution à l’approche de premier choix de libéralisation multilatérale. Dans ces conditions, le succès de tout accord commercial limité à une sphère régionale condamne le système international des échanges à des solutions inférieures et constitue une menace au vrai multilatéralisme. Les pays africains sont toute fois confrontés au défi du choix d’un système institutionnel adapté à leur approche régionale, afin qu’ils puissent conclure des accords engageants qu’ils respecteront dans la pratique.
Que les ACR soient compatibles ou non avec les règles multilatérales, il faut se demander si l’intégration régionale permet de faire du commerce l’un des moteurs de l’accélération de la croissance africaine au XXIè siècle. Il est utile d’examiner la performance des ACR en termes de stimulation du commerce intra-régional en Afrique et dans le reste du monde.

Mamadou Ben
SoonniNews, l’Afrique dans le monde🌏
