Les enjeux des élections présidentielles en Côte d’Ivoire

Les enjeux des élections présidentielles en Côte d’Ivoire

Élection présidentielle : quels enjeux pour la stabilité en Côte d’Ivoire ?

L’absence de violence à grande échelle lors des prochaines élections présidentielles en Côte d’Ivoire ne garantit pas la stabilité du pays.

En 2025, les Ivoiriens se rendront aux urnes pour élire leur président. Le scrutin de 2010 avait plongé la Côte d’Ivoire dans un conflit armé entrainant la mort de plus de 3 000 personnes. Il est peu probable que celui de 2025 déclenche des violences à grande échelle. Cela ne suffira toutefois pas à en faire un succès démocratique et un gage de stabilité pour l’avenir.

Trois éléments caractérisent la scène politique ivoirienne à l’approche de la présidentielle :

1- Tout d’abord la coalition au pouvoir, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), dont le président sortant Alassane Ouattara portera les couleurs vise un quatrième mandat.

2- Ensuite, l’opposition significative composée du PPACI, le nouveau parti créé par l’ancien président LAURENT GBAGBO dès son retour de la Haye et le PDCI, le vieux parti créé depuis l’indépendance par le père de la nation FÉLIX HOUPHOUËT BOIGNY.

3- Enfin, l’opposition, composée de candidats indépendants et des principales coalitions, à savoir l’Alliance des forces démocratiques (AFD) et la Coalition nationale pour le changement (CNC), manque de cohésion.

Parmi les éléments régulièrement mis en avant par certains acteurs de l’opposition figurent la composition de la Commission électorale indépendante (CEI) qualifiée de déséquilibrée et de non représentative. L’absence de consensus autour de la commission augmente les risques de contestation des résultats.

Une portion de l’opposition souligne aussi la disparité dans l’accès aux médias d’État. En effet, la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA) a annoncé dans son dernier rapport que les partis et groupements politiques au pouvoir totalisent 71,31 % du temps d’antenne, contre 28,69 % pour les partis de l’opposition. Cette situation est présentée comme un exemple supplémentaire d’un environnement électoral inéquitable.

Une remise à plat des conditions d’organisation des élections parait peu probable. La posture de contestation dans laquelle s’inscrivent certains candidats de l’opposition signale le risque d’instabilités pendant la période électorale. Elle laisse aussi présager de la quasi-certitude d’une contestation des résultats et d’une stratégie plus large de remise en cause de la légitimité du pouvoir après l’élection.

Logiquement, l’absence d’un candidat unique de l’opposition dès le premier tour devrait engendrer l’émiettement de son électorat et profiter au président sortant.

Alors que toute l’attention est actuellement tournée vers le vote de 2025, il importe toutefois de lier les questions électorales immédiates aux enjeux de stabilité à moyen et long terme pour le pays. Les cinq prochaines années s’annoncent fondamentales pour la consolidation de la paix en Côte d’Ivoire.

Le développement économique, la justice, le désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) ainsi que la cohésion sociale sont des questions importantes qui reçoivent présentement beaucoup d’attention, même si elles enregistrent des progrès inégaux. D’autres problématiques, plus anciennes, mais pas pour autant régler, méritent également un examen vigilant. Il s’agit notamment de la nationalité et du foncier rural, figurants, bien avant la crise post-électorale, parmi les causes dites profondes de la crise ivoirienne.

Si des réponses efficaces ne sont pas apportées aux questions indispensables, nouvelles et anciennes, de la crise ivoirienne, le risque d’une régression dans la dynamique de normalisation politique et sécuritaire demeurera réel.

Au lendemain de l’élection présidentielle de 2025, la construction d’une Paix durable doit rester l’objectif prioritaire pour le gouvernement et pour l’ensemble de la classe politique ivoirienne qui ne semble pas encore avoir tiré toutes les leçons des longues années de crise politique qu’a traversées la Côte d’Ivoire.

Mamadou Ben

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