Le vieillard et ses petits-enfants

Le vieillard et ses petits-enfants

L’Afrique et ses enfants

Bonjour à toutes, à tous ! Heureux de vous retrouver. Par la grâce du Massa-Foinse, je me porte à merveille et j’ose espérer qu’il en va de même de votre côté. Comme toujours, c’est une immense joie pour moi d’entrer en contact avec vous. Le thème de notre causerie du jour sera autour du parallèle que nous établirons dans un conte entre les petits-enfants d’un vieillard africain d’une part et d’autre part entre les enfants de L’Afrique.

J’ai emprunté le chemin du conte parce que la notion de conte existe dans toutes les civilisations humaines ; un récit, généralement bref, d’aventures imaginaires qui s’insèrent dans le processus éducatif de la société. Ici, j’ai décidé de faire un parallèle entre le contenu d’un conte, celui d’un vieillard et ses petits-enfants, et les rapports de L’Afrique et ses enfants, les Africains. Voici l’affaire. Jadis vivaient dans un village un vieillard et ses petits-enfants. Ces gamins se chamaillaient et se bagarraient à longueur de journée. Ce qui causait un très gros chagrin au vieillard qui trouvait difficilement le sommeil. Il se demandait chaque jour comment mettre fin à cette situation qui créait plus de peine que de bonheur. Il y réfléchissait nuits et jours. Et comme toute prière sincère finit toujours par être exaucée, il eut la solution dans un rêve la nuit pendant son sommeil.

Le matin venu, il prit une machette et entra dans la brousse pour en ressortir avec un tas de bâtonnets attachés. Une fois devant sa case, il convoqua ses petits-enfants ; ensuite, il tendit à chacun des petits le tas de bâtonnets de le casser. Mais aucun ne parvint à casser le tas. Ensuite, il défie le tas et remit à chacun un bâtonnet qu’ils parvinrent à casser. Après l’opération, il leur déclara en substance : « Voyez-vous, aucun de vous n’a réussi à casser les bâtonnets, parce qu’ils étaient liés ensemble ; mais une fois séparés, vous êtes parvenus à les casser. Tel sera votre futur si d’aventure vous ne vous unissiez pas contre l’adversité. » Telle est la situation de l’Afrique et ses enfants, enfants qui refusent de se mettre ensemble pour lutter contre l’adversité.

Le pire dans cette configuration est que maintenant les peuples jouent à s’invectiver, certains Maliens, certains Burkinabés se mettent à insulter les Ivoiriens. Qu’est-ce qu’un citoyen lambda à avoir avec les querelles des politiques ? Dans un passé l’on sait qu’il eut des tensions entre Houphouët Boigny et Sékou Touré, cependant personne n’entendit un Guinéen insulter un Ivoirien. Aujourd’hui, il semblerait que ce soit le jeu favori de certains Maliens et Burkinabés. Au fait, que gagnent-ils dans cette histoire quand on sait que ce sont des peuples qui sont liés depuis fort longtemps ? Si c’est ainsi que fonctionnera ce qu’on appelle PANAFRICANISME, l’Afrique a encore beaucoup de temps à patauger dans la semoule.

Auteur de l’article : Ngouamoué DIABATE

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