La Côte d’Ivoire est particulièrement marquée par une situation d’instabilité. Ces deux dernières décennies, la notion de gouvernance a été beaucoup mise en exergue car considérée comme indispensable au développement. La gouvernance désigne l’ensemble des mesures, des règles, des organes de décision, d’information et de surveillance qui permettent d’assurer le bon fonctionnement et le contrôle d’un Etat, d’une institution ou d’une organisation qu’elle soit publique ou privée, régionale, nationale ou internationale. Dans un Etat, elle préconise la transparence, le respect de l’Etat de droit, la lutte contre la corruption, la tenue d’élections démocratiques au suffrage universel… Cependant, importé dans le contexte ivoirien, ce modèle politique doit prendre en compte la pauvreté des populations, l’analphabétisme, la propension à utiliser l’Etat comme moyen d’enrichissement et bien d’autres phénomènes qui font que cette nation soit affectée par le sous-développement économique.
La gouvernance occupe une place prépondérante dans le discours politique et les politiques publiques. Mais les situations qui prévalent dans ce pays témoignent de la précarité de la bonne gouvernance.
Se pose alors la question de savoir les défis de la gouvernance en Côte d’Ivoire, il convient de faire au préalable l’état des lieux de la gouvernance puis de voir les défis auxquels elle fait face et enfin proposer des recommandations afin de relever ces défis.
En Côte d’Ivoire, le contexte et l’état de la gouvernance politique sont caractérisés par une instabilité. La démocratie ivoirienne est en mal d’héritiers, la crise militaro-politique a mis entre parenthèse le processus démocratique et par ricochet entraîné une violence politique et sociale basée sur des rancoeurs ethniques et religieuses. La gouvernance économique est gangrenée par une corruption endémique et une mauvaise gestion des ressources naturelles accentuée par une crise du foncier rural et agricole. Les mesures prises pour une bonne gouvernance sociale et sécuritaire souffrent d’une application insuffisante.
La Côte d’Ivoire a beaucoup de défis à relever. En effet, les autorités ivoiriennes doivent veiller à la mise en place d’un État de droit durable et éradiquer cette perception de l’État comme étant un instrument exclusif au service de son dépositaire pour ce qui est de la gouvernance politique. En ce qui concerne l’économie, elles doivent garantir une gestion transparente et durable des ressources nationales, combattre la corruption.
En somme, la corruption, la pauvreté, le manque de transparence dans la gestion des ressources nationales, les conflits ethniques, religieuses, tribales, les crises électorales sont les défis que la Côte d’Ivoire est appelés à relever et des recommandations ont été formulées dans ce sens.

Concernant le déséquilibre entre les trois pouvoirs en Côte d’Ivoire, trouver un compromis par la réduction des pouvoirs du Parlement et la soumission du pouvoir juridictionnel au pouvoir exécutif serait un bon moyen de résolution du problème. En plus, pour une réconciliation durable fondée sur les principes de l’État de droit, il va falloir redonner confiance aux citoyens dans les institutions judiciaires qui apparaissent comme faisant obstacle à la protection effective des fondamentaux et faire adopter dans les services publics un code d’éthique et de bonne conduite.
Mamadou Ben
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