Les défis de la démocratie ivoirienne

Les défis de la démocratie ivoirienne

Après la période sombre, fin 2010-début 2011, la Côte d’Ivoire apparaît comme « le point culminant » d’une décennie de conflit militaro-politique qui a rythmé la récente histoire du pays. L’élection présidentielle que tous les ivoiriens appelaient de leur vœu et que bon nombre d’africanistes avertis considéraient comme la clé de voûte du processus de sortie de crise, voire la condition sine qua non pour l’instauration d’une paix durable dans le pays, s’est révélée être la source de graves tensions.

L’urgence de mettre la Côte d’Ivoire sur les rails du développement, après la crise post-électorale, s’impose. Cela passe nécessairement par un certain nombre de défis auxquels la Côte d’ivoire doit faire face :

I/ La sécurité et l’État de droit

Préalable à tout développement  

Si la crise POST-CRISE est définitivement close, il n’en faut pas moins faire remarquer que tout le pays reste encore en proie à une violence et une insécurité grandissante. Les populations civiles, notamment celles de l’ouest du pays, sont victimes d’une crise des droits de l’homme. Des cas de braquage, d’attaques de domicile, de vols de voitures, les scènes de pillage et d’exactions sont légion. En un mot, de graves violations et atteintes aux droits humains sont commises dans le pays. Au regard de cette situation pour le moins alarmante, le rétablissement d’un État de droit et d’un environnement sécuritaire sur toute l’étendue du territoire apparaissent comme le premier défi de la démocratie en côte d’ivoire.

II/ La mise en place d’une nouvelle armée

Une mission délicate. Après la guerre qui a opposé, d’une part, les FRCI et d’autre part, les FDS, la réforme de l’armée ivoirienne apparaît plus que jamais comme un dossier qu’il va falloir traiter avec beaucoup de délicatesse. Même si, comme le mentionne le titre trois de l’accord politique de Ouagadougou, la création d’une nouvelle armée ivoirienne s’avère être aujourd’hui une équation difficile à résoudre. Il convient de souligner que pour éviter les frustrations et les injustices, la reconstruction de la nouvelle armée nationale doit se faire avec le maximum de consensus entre les ex-belligérants. Au regard du contexte post-conflit, la réforme d’une armée républicaine, moderne et nationale apparaît comme un défi titanesque à relever. La réconciliation nationale apparaît dans cette optique comme un défi majeur.

III/ La réconciliation nationale : un véritable travail d’Hercule

Elle apparaît comme un grand défi pour la nation. C’est un processus incontournable devant permettre aux Ivoiriens de revivre dans la concorde afin d’assurer la transition d’un passé divisé à un avenir commun. Concrètement, la réconciliation nationale doit mettre l’accent sur les rapports entre les ivoiriennes et Ivoiriens qui sont appelés à reconstruire le pays. Elle ne peut donc se matérialiser que par la coopération entre citoyens de tous bords politiques et de toutes confessions religieuses ainsi que toutes les couches socioprofessionnelles. Elle doit être perçue comme le symbole de l’unité nationale et le ciment de la cohésion sociale. Ce qui permettra aux différentes composantes de la population de nouveau se faire confiance entre elles, mais surtout accorder un minimum de confiance aux institutions du pays. Une réconciliation nationale réussie ouvre la voie à la Démocratie en développant les rapports de coopération nécessaires au bien vivre ensemble.

Aujourd’hui plus que jamais, le peuple de Côte d’Ivoire a besoin de recoudre le tissu social à travers une démocratie rassurante, sans faille, au moment où il sort d’une longue période de stagnation, pour retrouver sa place de pivot du développement économique et social de toute la sous-région de l’Afrique de l’Ouest et son bien-être est fondamental pour la stabilité et la transformation de bon nombre de ses voisins, du fait des liens économiques et sociaux.

Auteur : Mamadou Ben

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