La Côte d’Ivoire, autrefois une économie florissante en Afrique de l’Ouest, a souffert de deux décennies de conflit intermittent. Le pays compte plus de 60 groupes ethniques, lesquels appartiennent à de plus grands groupes selon des liens linguistiques, culturels et religieux communs et qui sont concentrés soit au nord ou au sud du pays, créant une division politique entre le Nord et le Sud.
Après l’indépendance en 1960, en plus de l’économie exportatrice croissante de la Côte d’Ivoire, les frontières poreuses des colonies françaises ont entraîné un afflux de migrants en provenance d’autres anciennes colonies, particulièrement du Burkina Faso et du Mali, qui abritent également quelques-uns des mêmes groupes.
Pendant trois décennies, de 1960 à 1990, la Côte d’Ivoire a prospéré économique dans une stabilité politique au sein d’un État à parti unique. Cependant, en 1990, un mouvement pour la démocratie et des manifestations de rue ont déclenché une transition démocratique, et un processus d’élections multipartites a été amorcé. Le décès d’Houphouët Boigny en 1993 a marqué le début de plusieurs décennies de violence politique entourant des élections truquées et contestées ainsi que des questions de droits politiques. L’accord de paix de Ouagadougou de 2007 a créé une solution à la controverse sur la citoyenneté. Il n’a pas mis un terme à la violence politique ni aux manifestations entourant les élections.
Après la mort d’Houphouët Boigny en 1993, les dirigeants du pays ont manifesté peu de volonté à partager le pouvoir et les privilèges, par-delà la division électorale entre le Nord et le Sud ainsi que la diversité religieuse que cette différence régionale reflétait également.
* L’IVOIRITÉ
Le jus sanguinis selon lequel une personne doit être née en Côte d’Ivoire et avoir au moins un parent également né en Côte d’Ivoire. Le principe du jus sanguinis n’a pas été contesté, mais des désaccords sont apparus à propos des conditions que le gouvernement a établies en matière de documents acceptables, et ont dégénéré en accusations de demandes falsifiées et en incapacité de certains demandeurs légitimes de produire les documents nécessaires. Cela a eu pour effet de refuser les droits de vote et à l’emploi à de nombreuses personnes. La controverse subséquente a engendré un coup militaire, une victoire électorale contestée pour Laurent Gbagbo (président de 2000 à 2010) et l’éclatement de la guerre civile en 2002.
L’Accord de paix de Ouagadougou de 2007 a trouvé une solution créative au problème de la citoyenneté en faisant appel au pragmatisme juridique et à la technologie. Cependant, l’Accord de paix n’a pas résolu les conflits découlant d’un système multipartite rigoureusement organisé selon des divisions ethniques, religieuses et régionales, et dans lequel le vainqueur des élections présidentielles contrôle également de nombreuses nominations clés. Les politiciens gagnants pouvaient favoriser leurs sympathisants qui appartenaient souvent à leur propre communauté ethnique et religieuse et exclure, voire punir, les partisans de l’opposition.
Le pacte de L’ACCORD DE OUAGADOUGOU devait se terminer lors des élections de 2010. Toutefois, même si des observateurs de l’ONU avaient établi que GBAGBO avait perdu les élections de 2010. Après son retrait forcé par les Forces françaises et l’Opération de l’ONU, la violence a éclaté. Quelque 3 000 personnes ont été tuées, et des habitants du Sud comme du Nord ont été accusés de crimes de guerre.
ALASSANE OUATTARA est devenu président en mai 2011, mais le conflit régional et ethnique n’a pas pris fin. Le président a poursuivi une sorte de « justice du vainqueur » en engageant des poursuites sélectives contre des habitants du sud, particulièrement contre les partisans de Gbagbo, pour des crimes commis durant et après la guerre civile. Ces pratiques ainsi que de multiples signes de favoritisme et de manifestations violentes indiquent que les espoirs de la Côte d’Ivoire pour la démocratie multipartite ne sont toujours pas réalisées. Un important obstacle a été l’absence de réforme institutionnelle pour résoudre la marginalisation politique. Peut-être que la tentative de partage du pouvoir entre 2007 et 2010 aurait dû devenir permanente avec l’introduction de règles consociatives pour les plus hautes fonctions afin de promouvoir le pluralisme dans un pays aussi diversifié que la Côte d’Ivoire.
Bien que l’Accord de paix de Ouagadougou ait offert un accord temporaire de partage du pouvoir, le principe du consociationalisme n’a pas été maintenu après 2010. En l’absence de protections institutionnelles, les contestations relatives aux prochaines élections risquent de conduire à une deuxième guerre civile.
Mamadou Ben
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