De gros enfants

De gros enfants

CE QUE JE PENSE :

    Bonjour à toutes, à tous ! Heureux de vous retrouver. Comme toujours, c’est une joie profonde pour moi d’entrer en contact avec vous. Grâce au Massa-Foinsé, je me porte à merveille et j’ose espérer qu’il en va de même de votre côté. Le thème de notre causerie du jour tournera autour de la notion de l’enfance. Qu’est-ce qu’être enfant ? C’est la période de la vie de l’être humain qui va de la naissance à la puberté, période où l’on sait peu de choses sur la vie, la période de la naïveté, où l’on est d’un naturel candide, période où l’on est encore peu ou pas du tout expérimenté dans une activité donnée. Tous les êtres humains passent inexorablement par le stade de l’enfance.

Une fois défaits sur la terre de leurs ancêtres, déportés, esclavagisés, les Africains ont perdu leur place autour de la table ronde de l’humanité. Non seulement ils avaient perdu cette place, mais ils devenaient des animaux, des bêtes qu’on enfermait dans des enclos et vendus sous forme de bétail. C’est l’apparition de la machine qui va apporter un changement dans la situation des esclaves Noirs. Il faut reconnaître que cet allègement de la situation des esclaves n’était pas dû à un quelconque humanisme ou par philanthropie. La machine coûtait moins cher en entretien que l’homme et produisait beaucoup plus et mieux. Pour certains maîtres et certaines personnes tel le Français Gobineau, les Noirs avaient un cerveau plus petit que celui des Blancs. C’est comme si l’on affirmait que l’homme Noir avait un cerveau de moineau. Lorsque l’on pense à toutes ces étapes par lesquelles sont passés les Africains, on peut remercier le Divin.

À qui sur cette terre peut-on infliger un tel traitement et s’attendre par la suite qu’il ne fasse pas d’écart ? C’est ce grand malheur qui a frappé les Africains. Ils sont encore loin de s’en sortir. Y a-t-il autre clé de voûte dans la vie que la confiance ? N’a-t-on pas l’habitude de dire que la confiance en soi est le secret de la réussite ? Pour certains Blancs, y compris des Arabes, les Africains demeurent et demeureront inférieurs à eux. Quand on pousse l’analyse un peu plus loin, on peut constater que certains Occidentaux se pensent le droit de dicter aux autres le choix de leur vie. Quant aux pauvres Africains, ils sont toujours considérés encore comme de Gros ENFANTS. Dans les décisions qu’ils ont à prendre, il faut absolument l’assentiment des Maîtres. Certains Africains se pensent incapables de produire sans l’aval des anciens maîtres. Ils sont si enfoncés dans l’encre qu’ils ne savent toujours rien de rien. Certains pseudo-panafricanistes passent leur temps à empoisonner l’ambiance en tenant toujours le discours victimiste dont les Africains sont les cibles.

Le plus gros travail des responsables africains, me semble-t-il, c’est l’éducation de leurs peuples. Il faut tenir informé chaque fois que besoin se fait sentir. Il faut informer les citoyens par exemple que l’extraction des matières premières se fait avec de l’argent que nos États n’ont pas. Les compagnies étrangères qui font le travail, le font avec leurs propres fonds. Nos États ne peuvent récolter qu’une partie des bénéfices avec l’emploi d’ouvriers et cadres locaux. De nos jours, lorsqu’on parle de découverte d’une matière première comme le pétrole, le gaz, l’or, les gens pensent tout de suite que le pays deviendra riche. L’investisseur n’est pas en mission philanthropique.

Il compte récupérer l’argent qu’il y a mis. Il est peut-être temps d’installer des usines de transformation dans nos pays. Puisque maintenant, on découvre régulièrement du pétrole, du gaz et d’autres matières premières en Afrique, je crois qu’il est temps de penser à installer des usines et/ou des chaînes de transformation de ce qui se produit en Afrique. Combien de nos pays producteurs de pétrole, de gaz ou même d’autres matières premières disposent de moyens de transformation sur place ? Maintenant qu’on découvre du pétrole en Afrique, certaines mauvaises langues parlent de malheur qui va s’abattre sur l’Afrique. Le véritable problème en Afrique, c’est la répartition des recherches. Le plus drôle dans cette situation, c’est que vous avez certains dirigeants africains qui tiennent le discours de l’instabilité de l’Afrique. Est-ce à dire que les Africains n’ont pas la fibre de dirigeants capables de faire le bonheur des Africains ? Ou alors attendre que les autres viennent faire le travail à leur place ?

Auteur de l’article : Ngouamoué DIABATE

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